Lundi, j'ai envie d'aller visiter la maison d'Agnon. J'ai termine "de Berlin a Jerusalem", les souvenirs d'enfance de Gershom Sholem dimanche, et il y fait reference. Agnon, un écrivain, a ete la figure centrale de la littérature moderne Hébraïque et prix Nobel de littérature en 1966. Le petit musée qui lui est consacre est la maison qu'il a construite a Jerusalem avec sa femme Esther en 1931 et ou il a vécu jusqu'a sa mort en 1970. Toute sa bibliothèque y est conservée. Le musée se trouve a 4 minutes de la maison ! Tout pres de chez mes amis Michele et Jo qui plus est. Je me reveille donc a 8h pleine d'entrain, et check tout de meme les horaires: la maison n'est ouverte que du mardi au vendredi, de 11h a 2 h ! Ca va etre coton pour y aller au milieu de mes journées bien remplies... Je me rendors donc jusqu'a 11h. Nous émergeons ensuite tous les deux pour un délicieux brunch, et je me lance ensuite dans les corvées domestiques: lessives, étendage, pliage, vaisselle, repassage. Puis je me plonge avec beaucoup de difficulté et de dégout dans les corvées administratives: je dois retrouver un tas d'informations dans mes documents papiers, puis aller sur des plateformes inaccessibles, discuter avec des gens incompetents, envoyer une tonne d'emails, preparer les documents de mes taxes et planifier mon budget 2026. Je ne sais pas si cela fait la meme chose a tout le monde, mais tout ce bazar me donne le vertige et la nausée. Bienheureuses sont les femmes aidées dans cette tache, ce qui n'a jamais ete mon cas. Je passe donc l'après-midi presque complete au bord du vomiting. Lorsque j'éteins mon laptop, j'ai au moins la satisfaction d'avoir accomplis quelque chose. Reste le diner a faire, des chemises a plier, du rangement a la maison apres Hanukkah (ranger et nettoyer toutes les Hanukkiot) et une fin de repassage...
Mardi, journee chargée. Au moins, j'ai liquide le repassage complet hier soir.. Je me lève tot pour vaquer a mes occupations ménagères, puis file a la pharmacie ou je fais la queue 35 minutes pour une boite de paracetamol. Je rejoints ensuite le cours/brunch de Chabad. Il fait tres beau et doux a cette heure de la journee. Apres un déjeuner rapide a la maison, nous allons ensuite avec Elie chez le coiffeur. C'est une petite boutique de Beth Lehem str. et le coiffeur est tres sympa. Elie y va deja depuis Avril. Pour moi, c'est une premiere mais j'ai tellement besoin d'une bonne coupe ! Qu'il réussi tres bien, de meme le brushing. Il m'a enlevé 15 cm de cheveux, fait un soin et je me sens plus légère ! Je peux encore m'attacher les cheveux, c'est ce que je voulais. Elie a egalement sa coupe mensuelle et nous rentrons ensuite avec le porte-monnaie allege ! (je n'ai jamais paye aussi cher chez le coiffeur pour une petite coupe et un brushing). Bon, il nous offre le cafe et a une petite terrasse ravissante egalement pour l'attente. Apres un stop a l'épicerie pour des legumes frais, je me hate de rentrer pour cuisiner une grosse marmite de spaghettis, et il est deja l'heure de mon cours d'ulpan. Je suis comme une élève qui repart en classe apres les vacances. Je me plie decidemment tres difficilement aux contraintes, quelles qu'elles soient. Je ne suis bien que lorsque je me sens libre !
Mercredi, c'est noel ce soir. Ici a Jerusalem, il y a de petits hubs chrétiens, des églises et monastères et une partie de la vieille ville, le cote chrétien et le cote Armenien. Il y a tout de meme tres peu de celebrations, qui sont vue d'un air oblique par les communautés juives orthodoxes. Les petites Indiennes qui gardent les vieux sont toutes chrétiennes. C'est assez anachronique d'ailleurs. Elles vont toutes a la messe ce soir, et célèbrent entre elles. Des soirees sont organisées a BethLehem, hautement sécurisées egalement, pour les celebrations. Je me reveille le matin avec encore une petite douleur diffuse interne, type pancréatite. Cependant, le ciel est grand bleu, le soleil brille et il fait doux. Je me prepare rapidement et sors pour ma visite au musée Agnon. J'hésite a prendre la voiture, mais c'est vraiment tout pres.... a vol d'oiseau. Google Map m'annonce 12 minutes de marche, j'en ferais 30 a cause de l'extreme dénivellation du quartier au dessus de l'ambassade des US. J'ai enfile mes sneakers et ma tenue de yoga et je marche d'un pas souple. Je souris toute seule de cette liberté retrouvée. Je tourne a droite dans Kore haDorot str. et monte la cote... Le quartier est absolument magnifique ! Je ne connaissais pas ce cote de la maison, nous allons habituellement au coeur de Baka, par Beth Lehem et Emek Refaim. Mais le haut de Talpiyot est splendide: des vieilles pierres partout, des bâtiments anciens, de vieilles maisons classées, des jardins fleuris... sur la gauche, je découvre la maison de mes rêves: je m'arrête interdite et ai envie de pleurer, je ne sais pas pourquoi. Comme si dans une autre vie, j'avais vécu ici. L'immense maison est délabrée, le jardin est une foret vierge, les arbres immenses ont besoin d'être tailles. Les deux verrières sont brisées et l'ensemble donne une impression d'abandon d'un joyau du temps passe. Il me semble qu'il y a des squatters de l'autre cote. Je reste un moment abasourdie, comme assommée par une evidence que cette maison m'appartient. Mais ma réalité me dit toute autre chose (hélas). Je tourne autour, prends des photos, note l'adresse. J'ai une impulsion de contacter Elon Musk again pour qu'il investisse dans notre belle ville pour preserver ces merveilles du passe (et au passage me la louer jusqu'a la fin de mes jours). Je rêve éveillée devant. J'essaie d'imaginer "avant", au XIXe siècle. Je vois de longues robes qui ballaient la longue cursive autour, soutenue par des colonnes. Je vois tres clairement le fauteuil en osier qui etait dans la verrière autrefois avec les plantes. Je suis comme envahie par cette image. Je sais que des promoteurs immobiliers finiront par l'acheter et construiront des buildings impersonnels et insipides sur le terrain si bien place. Je continue mon chemin. Sur la droite, a nouveau une maison avec un panneau ancien devant: elle appartenait a un riche marchant, du meme nom que moi, qui la vendue dans les années 1950. Je continue au milieu d'une foule de merveilles, des grands cyprès qui se détachent sur le ciel immensément bleu, des bougainvilliers en fleurs, des pots de terres et bassines de zinc remplis de fleurs. Tout est tres calme ce matin. Je tourne a gauche sur Klausner et cherche le numero 16. Que je ne trouve pas. Au bout de la rue, il y a des travaux, de nouvelles constructions et renovations de buildings. Tellement triste de voir tout ca. A l'extreme bout de la rue, je trouve enfin le numero 16, pas du tout indique de ce cote, car la rue est en sens unique. La maison d'Agnon est coincée entre deux building renovations. Je pousse le portail ouvert et rentre dans le jardin. Il y a deux portes, une a gauche et une a droite. Je prends la gauche et elle est fermée. Je repasse a droite, mais les travaux d'a cote empiètent sur l'entree, ou ils ont depose leur toilettes portable ! Je suis scandalisée. Je vérifie les horaires a l'entree, puis sur internet, mis a jour la semaine derniere: c'est bien cense etre ouvert aujourd'hui a cette heure-ci. Il n'y a personne. Pas âme qui vive. Le jardin est toutefois ouvert aux quatre vents et je fais un petit tour, lis les inscriptions, puis ressors. Je suis terriblement frustrée. Ce musée, cette maison a aussi l'air d'être a l'abandon. Je ressors sur la droite dans la direction de chez mes amis Michele et Jo et arrive sur une plate-forme avec vue: on voit loin jusque dans la vallée. Puis je réalise qu'il y a un énorme bâtiment devant moi avec une cahute de contrôle. Je n'ai pas encore réalisé qu'il s'agit de l'ambassade des Etats-Unis ! Je repars en sens inverse tout en dégustant la longue ballade dans ce quartier magnifique. Elie est surpris de me revoir si vite et je profite pour faire un peu de cuisine avant de repartir voir tata Jeannot dans l'après-midi. Elle va mieux, sa pneumonie est définitivement passée. J'ai apporte mon tricot avec moi. A midi, nous avons termine le déjeuner par une boule Lindor au chocolat coeur pistache, et ma douleur se reveille intensément. Je passe l'après-midi a me tortiller dans le fauteuil, puis je rentre pour m'allonger. J'ai mal ! J'en ai les larmes aux yeux. Je mets un coussin chaud derriere mon dos, la chaleur soulage mes douleurs, mais les 3h et demie d'Ulpan m'achèvent totalement. Je ne tiens plus debout lorsque je me couche, assez tot avec mon coussin chauffe sur mon radiateur.






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Jeudi, comme nous n'avons pas fait de courses jeudi dernier, nous sommes bons pour le grand refill ! Je vais un peu mieux le matin apres une bonne nuit de sommeil. La douleur est toujours la, mais diffuse. Nous sommes prêts a 9h et au supermarché de suite pour un gros caddie bien plein. Nous aurons a nouveau de quoi tenir deux semaines. Tres contents, nous rentrons tout ranger. Cet exercise matinal a reveille ma douleur et je m'allonge dans le sofa en me tortillant. Elie est désolé de me soir dans cet état et part a la pharmacie m'acheter une bouillotte. Lorsqu'il revient, nous la remplissons d'eau bouillante, je m'allonge dessus, et m'endors profondément. Nous avons decide d'annuler notre belle soiree prevue ce soir au BBQ délicieux et chic ou nous avions reserve. Nous nous faisons la reflexion que rien ne se passe jamais comme nous l'avons prévu ! Nous étions également invites a nouveau a Beth Shemesh et nous avions decline. Mais j'accepte d'y conduire les garçons, Elie et son frère, je m'allongerais chez Esther, de toute facon cela ne changera rien. Lorsque la nuit tombe donc, Aaron arrive en bus et nous prenons Begin puis l'autoroute en voiture jusqu'a Beth Shemesh a nouveau. J'ai ma bouillotte dans le dos, et la sieste m'a fait beaucoup de bien. La soiree est sympathique, je retrouve un tas de gens que je connais et tout le monde est tres gentil ! Je mange avec parcimonie et mes douleurs se tiennent bien. Nous rentrons dans la nuit en passant par la Yeshiva d'Aaron pour le deposer, puis sommes a la maison pour une bonne douche bien chaude et une bonne nuit de sommeil...