Thursday, May 7, 2026

May weekend

Vendredi matin, avant l'habituel buzz dans la maison, j'ouvre mes fenêtres tot et respire l'air du petit matin sur ma terrasse avant d'y prendre mon cafe. Je cuisine des tomates farcies a l'ancienne, recette de ma grand-mere Lili, avec du riz basmati. Puis prepare le brunch pre-Shabbatique, qui est fort copieux aujourd'hui, salade, fruits, fromages, toasts, oeufs brouilles etc, mais egalement un smoothie aux blueberries. Je suis allée rapidement chercher ce qui me manquait au petit épicier du coin a pied ce matin, y compris deux pains au chocolat croustillants et tout chauds !. J'en ai profite pour cueillir un bouquet de ces arbustes de la rue qui sentent si bon, comme le jasmin...J'étrenne mon nouveau blender qui fonctionne tres bien et les smoothies sont excellents (juste des fruits et du lait de soja). Je l'utilise egalement pour faire la sauce de mes tomates farcies, que ma grand-mere préparait avec sa moulinette en fer. Lorsque tout est prêt, je m'allonge pour une petite sieste. En fait, je me replonge dans mon bouquin que je dévore littéralement ("fuite et fin de Joseph Roth" by Soma Morgenstern). Il est ensuite l'heure de faire le gros menage, javel, lessivage des sols au muguet (de Mr Propre), puis douches et préparatifs. Le menage est tres fatiguant,  surtout faire les sols, qui devient une épreuve aujourd'hui pour moi; mais quelle satisfaction maniaque au plus haut point d'avoir ensuite une cuisine, une salle de bain et des toilettes absolument spotless et qui sentent bons ! On peut y manger par terre....Lorsque j'ai enfile ma petite djellaba légère brodée, je prepare généralement une tres belle table, puis des salades fraiches et je m'allonge ensuite dans mon sofa avec un roman. Moment délicieux du Shabbat, juste apres avoir allume toutes mes bougies qui vacillent et éclairent avec tant de douceur.

Samedi matin, je suis a nouveau reveillee tot: avec l'été qui arrive, le soleil inonde la maison, et nous passons généralement une bonne nuit de vendredi soir sans électronique, pas de telephone, d'ordinateur ou de tele. Je me précipite pour ranger et rincer la vaisselle (que j'enfourne toujours dans mon lave-vaisselle, je ne fais que tres peu de vaisselle) et me verse un cafe fumant. Je file sur la terrasse deja ouverte ou le jour s'est levé il y a peu de temps et ou le petit matin silencieux m'accueille.  Je m'installe sur deux chaises, je n'ai pas voulu installer mon transat puisque nous partons dans 15 jours, et me replonge dans ce silence étourdissant dans mon livre. Je suis tres vite dérangée par les oiseaux. D'abord le Palestine sun bird qui a élu domicile dans l'acacia. Il vient m'observer et chanter avec moi. Nous avons un petit échange de sons, une discussion irréelle. Les pigeons qui ont élu domicile dans le grenier sont egalement la, entre le grand pin et la fenêtre qu'ils ont défoncée. J'apprends a prendre du recul puisque bientôt, je ne serais plus concernée. A un moment, deux énormes corneilles noires et beige viennent se poser sur la margelle. Je lève le nez mais elles n'ont pas l'air de vouloir partir. Je suis surprise qu'elles soient si pres de moi. Elles me regardent toutes deux et j'observe leur bec dur et long et me dis que ca ne doit pas etre tres agreable de se faire becquetter par ca.... Au bout d'un moment, l'une d'elle se penche et commence a manger un oeuf de pigeon qu'elles ont du voler et qui est tombe sur la margelle. Elle prends son temps et le dévore entièrement, avec la coque. Je n'avais jamais vu ca. Elles repartent ensuite en déployant d'énormes ailes et croassant lugubrement. Puis j'aperçois le ramage des perroquets qui se cachent dans les arbres tout en caquetant. Il y a un tas d'autres oiseaux inconnus, en plus des hirondelles qui sillonnent le ciel et des tourterelles qui chantent des l'aube. J'ai essaye de plonger dans mes souvenirs d'enfance et je crois qu'il y avait une tourterelle qui chantais quand j'étais enfants dans le jardin de mon grand-père alors qu'il arrosait a l'aube naissante ces productions et ses fleurs. Ce sentiment de plenitude, de silence heureux et de paix ne m'ont jamais quittée au chant de cet oiseau. La matinee se passe et je savoure chaque instant. J'essaie de repousser de toutes mes forces cette mélancolie qui m'envahie en me disant que ce sont les derniers jours dans cet endroit paradisiaque. Comme ce bout de jardin d'Eden va me manquer lorsque je serais passée de l'autre cote ! Je rentre avec la chaleur de la journee qui monte pour preparer mes salades fraiches. Elie arrive et nous attendons Michael... Qui ne viendra pas. Je suis furieuse, j'ai beaucoup cuisine et je dois tout ranger maintenant. Nous dégustons nos plats et une glaces avec des fraises fraiches, puis allons a nouveau nous reposer. Je n'arrive pas a décoller de mon livre ou je suis proche de la fin. Lorsque la nuit tombe viennent les rangements, lessive de blanc, étendage, pliage, douches, puis je termine la lecture de mon roman ! Je suis sous le charme de l'intelligentsia Viennoise du debut du XXe siècle. Je fouille dans ma bibliothèque et en ressors un recueil de nouvelles de Joseph Roth, un petit livre sur Vienne, et les deux monuments de Stefan Zweig (le monde d'hier) et d'Arthur Schnitzler (Vienne au crepuscule). Je demarre les deux petits livres a la fois. Je retrouve ce bonheur que j'avais quand j'étais plus jeune et pas ensevelie sous mon boulot, et que je lisais plusieurs romans a la fois en plusieurs langues ! (est-ce que je vous ai raconte ma lecture dans le metro du petit recueil hilarant d'un Britanique qui arrive a Paris et décrit les francais ? "Merde actually" de Stephen Clarke; Je riais tellement, aux larmes, que je glissais du siege et me suis retrouvée par terre a l'étonnement double d'hilarité des autres voyageurs. Tout le monde voulait savoir ce que je lisais....). Lorsque tout est en ordre, y compris mon choix de lecture du moment, je plonge dans mon ordinateur et vais surfer sur les sites qui me font rêver, Relais et Chateaux, Orient Express, Queen Mary II.... Puis je regarde les beaux hotels d'Israel. Il y en a peu et le standing est bien inférieur a l'Europe ou les Etats-Unis. Mais il y a un beau Relais et Chateau a Yaffo et je me tâte d'y aller au moins pour une nuit. (A suivre). Enfin, je regarde sagement ce que nous pourrons faire cet ete pour aller a la plage une semaine. Nous étions au Hilton de Tel Aviv l'été dernier, c'était tres bien, mais cher. Cette annee, j'opte pour Netanya, une petite ville de villégiature tres française avec une promenade le long des plages. Il y a beaucoup d'hotels, tres médiocres et chers. Mais nous choisissons avec Elie le King Salomon, sur la plage, chambre avec vue sur la mer, spa et piscine. Ca a l'air tres bien et je reserve une semaine fin juillet debut aout. Elie est ravi. Nous allons faire comme l'an dernier et savourer nos vacances a la mer. De plus, Netanya est la station balnéaire dans laquelle je voudrais investir dans l'immobilier et nous allons faire un peu de repérage.

Dimanche c'est la fete des meres. Ici en Israel, aux USA et en Belgique, mais apparemment pas en France ! Ma mere est a l'hôpital apres sa chute et sa fracture du bassin. Je l'appelle mais la ligne est horriblement mauvaise. Je l'entends tres mal, au ralenti. Je voulais qu'elle me raconte elle-meme et je voulais lui souhaiter une bonne fete des meres, mais elle ne m'entends pas bien non plus. C'est tres frustrant. Le matin, levee tot et préparée, je file chez mon assureur pour les premieres démarches de changement d'adresse. Il fait tres chaud aujourd'hui, deja 28C ce matin. Les travaux du tram ont éventrée la ville et il n'y a nulle part ou se garer. Je parke un peu n'importe ou et lorsque je redescends, je récupère un ticket de $350. Je suis absolument dégoutée. Je rentre tres déprimée, prepare les premiers Raw Spring Rolls et abricots, puis nous attendons Soumya... qui ne viendra pas non plus: elle a pris le bus en sens inverse et est a la gare centrale a l'autre bout de la ville a 3 h de l'après-midi. Quelle poisse, moi qui comptait sur elle ! Elie me dit que ca fait ca en moins de frais apres mon ticket du matin... Soit. Je continue donc a lire, puis réchauffe des restes (de tomates farcies, trop bon !) puis c'est encore le ballet des douches et ravalements. Je fais mes cheveux et refais mes ongles des mains en couleur coquillage. Je suis tellement predictible ! Contente du résultat, je me revisse devant mon écran et ce soir reserve mon billet d'avion pour la garden party familiale en France en aout. Espérons que mes parents iront mieux et que tout se passera bien.

1 comment:

  1. C'est drôle que tu détailles plus les habitudes et traditions (règles) du Shabbat, parce que je me suis renseignée à ce sujet ce weekend. Je me suis fait la réflexion que c'est le samedi que j'ai besoin de "me reposer", et non le dimanche. J'ai donc cherché les détails à ce sujet. À part les préparatifs du vendredi après-midi que je serais incapable de faire quand je travaille jusqu'à 16h, le reste me semble tout à fait approprié et "de bon sens". C'est comme ce que je te disais il y a quelques semaines à propos de la tradition du nettoyage de printemps que l'on retrouve dans la religion juive avant Pessa'h.
    Ce que tu dis sur les chants des oiseaux me parle également beaucoup, en particulier les tourterelles. J'ai découvert ce "son" lorsque j'étais en vacances enfant dans la famille de ma mère qui vit près de Toulouse. Ma grande-tante chez qui nous logions vivait dans une maison de village avec un très grand jardin et une cour. Les tourterelles y chantaient, surtout le matin, c'était envoûtant. Depuis, lorsque j'entends des tourterelles, je suis replongée dans mon enfance et ces vacances toulousaines. La dernière fois, c'était hier après-midi : une tourterelle roucoulait dans le jardin de l'école pendant que je travaillais, fenêtre ouverte.

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